Balade à Plan de Baix

Plan-De-Baix n’est pas un village perché mais suspendu, posé sur un plan incliné (d’où son nom) entre deux étages (Col de Bacchus 980 m et la rivière Gervanne à 420 m), entre le promontoire gigantesque du Vellan qui l’écrase, la reculée du Brudoux et les ravins profonds qui descendent sur la Gervanne. Le château de Montrond, semble tenir sur la falaise par magie. Aussi, l’Eglise Notre Dame et la façade de la mairie nous rappellent que le village est bien inscrit dans l’histoire, et ce ne sont pas les seuls monuments qui l’indiquent. Qui peut croire qu’une rivière souterraine grignote le sous-sol et qu’un jour peut être, Plan-De-Baix disparaîtra ?

Intérêts pédagogiques du circuit

    A Plan-De-Baix, la quasi-totalité des constructions sont en pierres. D’une part parce que le site en offre une réserve abondante et d’autre part, les constructions d’ouvrages monumentaux comme les châteaux ou églises étaient construits avec des matériaux résistants au temps. De ce fait, de nombreux ouvrages sont encore visibles aujourd’hui grâce à l’utilisation de ce procédé.

La mairie (dont la commune conserve les magnifiques plans originaux) est riche de symboles républicains et laïques, construit un an après la loi de Séparation de L’eglise et de l’Etat. En façade, le tronçon triangulaire de la toiture en corniche est soutenu par des modillons en dents d’engrenage. Aussi, on note la présence d’une cloche, protégée par un petit dais métallique, ainsi que d’une horloge au cadran en chiffres romains. La république est bien présente avec les deux lettres R et F entrelacées au-dessus de l’année d’inauguration et domine, en hauteur le bandeau « Ecole Communale et Mairie » malheureusement masqué en partie par une construction récente.

Le monument aux morts, situés sur la place de la mairie, est une simple pyramide de calcaire gris ornée de la croix de guerre au sommet. On y lit le nom des onzes personnes décédées au cours de la première guerre mondiale. Sur le côté, une plaque dresse la liste des huit « victimes de l’agression nazie du 22 juin 1944 » ainsi que le nom d’un combattant tué en Algérie.

Une pierre tombale de 1781 en calcaire gris-bleu, encastrée dans l’angle d’un mur, porte l’inscription : « Dieu soit béni – Celui qui lira sa o brave sera ». On y distingue encore une croix.

Le temple protestant fut construit sur le chemin de Vialaret en 1853, non loin de l’emplacement du premier temple élevé en 1611 et démoli sous louis XIV. Son architecture affiche les caractères habituels des constructions huguenotes du XIXe siècle, simple et dépouillé. Sa façade, où l’encadrement de la porte est soigneusement appareillé, est surmontée d’un fronton triangulaire sur génoises et d’un petit clocheton. Une inscription en hauteur rappelle les deux dates 1611 et 1853 et proclame : « O Dieu que dans ton temple on t’adore en esprit et en vérité amen ». Les murs latéraux sont percés de deux fenêtres en plein cintre haut perchées, le chevet est plat. A l’intérieur, les meubles du culte sont bien présents : la chaire, la table de communion avec la Bible, une grande croix de bois et l’harmonium. Seul élément de décor, une plaque de marbre gris énumère les dix « morts pour la patrie » de 1914-1918.

 

Les trois fontaines publiques assuraient autrefois le ravitaillement en eau des villageois. Sur la route de la Blache, celle de Fonchet, est couverte d’un petit toit sous lequel l’eau coule d’un vieux griffon moussu. La fontaine du haut, près de laquelle on a découvert des tombes du haut Moyen-âge, est datée de 1849. Ses trois bacs sont alimentés par deux tuyaux sortant de la gueule de lion en fer. Elle a été restaurée en 2003. Enfin, le bassin de la fontaine du bas a été transformé en bac à fleurs. Â côté subsiste l’ancienne arrivée d’eau circulaire où l’on peut lire PAUL CHERFILS 1880, RF, S A (Sauvan Albert) et même LEF (Liberté Egalité Fraternité).

Le  Château de Montrond, et surtout le nom de Montrond n’apparaît qu’au XVIIIe siècle, lorsque la famille qui le porte hérite de la seigneurie. De la route d’Omblèze, Montrond, sur son grandiose site perché, offre l’image austère de grands murs aveugles, articulés autour d’une tour maîtresse surmontée de mâchicoulis. Les cartes postales anciennes et la vue depuis la route de l’Escoulin en contrebas, montrent un bâtiment largement ouvert, avec de grandes fenêtres à meneaux, une terrasse crénelée, un balcon sur deux niveaux et d’élégantes poivrières d’angles ; Le bâtiment, entièrement remanié au XIXe siècle, ne se visite pas.