Le site classé des Gorges d'Omblèze

Les lieux…

Localité : (26) Omblèze et Plan-De-Baix
Alt moyenne : 660 mètres
Carte : IGN 3136
En lien : fiche « Bec Pointu et Tête de la Dame »


 

Au cours de l’ère secondaire commençait, au fond de la mer chaude qui recouvrait alors la région, un lent processus de sédimentation calcaire. Il faudra attendre quelques 60 millions d’années pour que deux milles mètres de dépots solidifiés émergent peu à peu sous la poussée des Alpes. Des milliers d’années plus tard, la Gervanne commence une méthodique érosion. Née au col de la Bataille et grossie de son affluent le ruisseau de Lardenne, la rivière se fraye un chemin vers la Drôme. Les eaux creuses d’immenses marmites qui se percent et provoquent une suite d’effondrements. De gigantesques falaises de calcaires apparaissent. De magnifiques cascades crèvent le rocher. A leurs pieds, de profondes gorges luxuriantes offrent leur fraicheur. Les gorges d’Omblèze sont nées.

Intérêts pédagogiques du circuit

En raison de leur grand intérêt paysager, les gorges d’Omblèze sont protégées en tant que site classé au titre des articles L341 et suivants du code de l’environnement. Le site classé s’étend sur les communes d’Omblèze et de Plan-De-baix. Il couvre une superficie de 372 hectares. En application de cette protection, toute modification de l’aspect des lieux est soumise à autorisation du ministre de l’aménagement du territoire et de l’environnement, ou du préfet. Par ailleurs, le site fait partie intégrante du Parc Naturel Régional du Vercors.

Un canyon entre Vercors et Drôme : la Gervanne est une petite rivière qui nait au pied du col de la Bataille, vers 1200m d’altitude. Lieu où fut emportée en mars 2009 une bergerie de 300 ans. La Gervanne rejoint la Drôme quelques 1000m plus bas, en amont de Crest, après un parcours de 30 km. Pendant ce trajet, elle s’est heurtée à un lit épais de calcaires durs. S’attaquant à cet obstacle, elle l’a franchi en taillant un canyon, véritable trait de scie dans les roches aux couleurs changeantes. A pics vertigineux, marmites de géants aux flans lissés par le torrent, murailles surplombantes, parois ruisselantes, tout ici rappelle l’étonnante force d’érosion de ce cours d’eau par endroits si modeste. Avant de rejoindre des zones plus ouvertes et plus paisibles, la Gervanne franchit une dernière marche, la cascade de la Druise (voir fiche « cascade de la Druise »).

Vous  êtes au cœur des gorges d’Omblèze, dans un cadre unique où les falaises de calcaire, les cascades de tufs, les rapaces et la flore se joignent à la Cascade de la Pissoire pour vous offrir un spectacle impressionnant auquel vous n’avez pas le droit de vous soustraire ! Au sein de chaque cascade a lieu une réaction chimique. Le calcaire, tout comme le sucre ou le sel, a la propriété de se dissoudre dans l’eau. Or l’eau qui passe dans les cascades vient de traverser des montagnes de calcaire et s’est chargée de calcaire dissous, invisible. La particularité de la cascade de tuf (à côté de la Pissoire) vient du fait qu’ici l’eau se met subitement à déposer ce calcaire. Des mousses profitent de l’apport de gaz carbonique libéré lors de la réaction chimique. Condamnées à voir le calcaire se déposer sur elles et les transformer littéralement en pierre, elles croissent sans arrêt. Ainsi se forment les tufs, superbes et fragiles concrétions aux formes originales bordant cascades et ruissellements. De la sorte, venez profiter de ce spectacle où passer votre chemin et allez boire un verre au moulin de la Pipe !

Les gorges d’Omblèze présentent des ambiances contrastées. En effet, d’un côté, les gorges fraîches et sombres avec leur végétation luxuriante. De l’autre, le plateau d’Anse et son petit air de garrigue qui exhale les parfums méditerranéens de buis, de lavande et de thym. Les falaises d’Ansage exposées au midi, sont écrasées de soleil alors que les parois humides du canyon sont presque toujours dans l’ombre. Les une et les autres sont un paradis pour les grimpeurs. Le naturaliste peut aussi trouver son bonheur en contemplant le vol majestueux de l’Aigle Royal et les piqués vertigineux du faucon pèlerin, croiser les vautours Fauves et Percnoptères ou en recherchant la rare sauge glutineuse.